"Comment la méditation m'a aidé à gérer mon stress et mon anxiété

"Comment la méditation m'a aidé à gérer mon stress et mon anxiété

Témoignages

Photos Russel Simmons / Getty

Texte Anthony Vincent

Partager l'article sur

D’abord indifférent, Marius a appris à apprécier la méditation qui l’aide désormais à équilibrer ses multiples vies de conseiller communal en Suisse, créateur de contenu Instagram et étudiant en études de genre.

Professeur de yoga à l’aube, conseiller communal pour Les Vert•e•s le jour, étudiant en train de boucler son mémoire en études de genre le soir, et créateur de contenu sur Instagram en filigrane, Marius trouve dans la méditation une façon d’équilibrer ses multiples vies. Le jeune Suisse de 25 ans nous raconte comment il a appris à (aimer) méditer afin de rester ancré et concentré sur tous les fronts :

« À 18 ans, j’ai découvert le hot yoga (du yoga dans une pièce humide et chauffée entre 30 et 35°C, différente du yoga Bikram à 40°C), donc une pratique beaucoup plus athlétique que méditative. J’appréhendais ça surtout comme un sport et j’adorais ça, sauf la partie méditation qui me laissait assez indifférent. Ça ne m’était jamais apparu comme nécessaire, je pensais que je n’en avais pas besoin, je n’en tirais ni plaisir, ni bien-être, sans doute parce que j’abordais la méditation comme une performance. Même lorsque j’ai suivi une formation en 2016 pour devenir professeur de yoga, ce qui impliquait que je fasse davantage de méditation, je n’accrochais toujours pas. 

En 2018, je suis partie en Californie pour un échange universitaire de six mois. J’y allais complètement seul, livré à moi-même, sans repère, donc c’était aussi l’occasion de me créer une nouvelle routine de vie. Comme je changeais radicalement de cadre et que j’avais envie d’en apprendre plus sur moi-même, j’ai testé de méditer tous les matins 15 à 20 minutes. C’est aussi parce que je trouvais que le lieu s’y prêtait bien, et que je voulais compléter la carte postale du Californian Dream : méditer devant la mer et le lever du soleil, avant de boire un matcha latte telle une caricature instagram (rires). »

En faire une habitude de vie plutôt qu’une discipline où performer

« Ça m’a aidé d’aborder la méditation avec légèreté plutôt que comme un passage obligé. Partir du principe qu’il s’agissait d’une nouvelle habitude de vie, et non d’une discipline où performer. Dès les 2-3 premières fois, je sentais déjà certains bienfaits : j’éprouvais moins de fatigue et de stress, et restais plus concentré. Comme je me sentais plus calme, apaisé pour la journée, ça me permettait aussi de relativiser plus facilement, prendre les choses avec davantage de recul, moi qui pouvais avoir tendance à me sentir rapidement submergé. 

À mon retour en Suisse, j’ai commencé à en faire de moins en moins, jusqu’à une fois par semaine à peine. Puis au début de la pandémie, je me suis mis à faire beaucoup plus de sport : du pilates, du yoga, et du HIIT. C’était une façon de prendre soin de moi qui me parlait davantage à ce moment-là. Car avant la pandémie, méditer m’aider à me couper du monde extérieur. Or, le Covid a presque mis la planète à l’arrêt, donc j’avais moins besoin de m’extirper du rythme habituellement affolant du quotidien.

Depuis quelques mois, en plus de mes grosses journées, je rédige un mémoire, et c’est ce besoin de grosses plages de concentration qui m’a ramené au désir de méditer plus souvent. Désormais, je médite dès que je le sens, le matin et/ou le soir. En plus de la concentration, j’ai l’impression que ça m’aide aussi à gagner en conscience de moi, de mes émotions, et j’en ressors parfois avec des épiphanies quant à des questionnements que je n’avais pas l’intention de résoudre en méditant. J’ai beaucoup d’images et de messages qui me viennent pendant, et m’apparaissent parfois comme des réponses. Ça peut paraître illuminé mais j’ai l’impression que ça soigne certains aspects de ma vie et j’ai l’impression d’être accompagné pendant que je pratique. 

Ça m’arrive aussi de précéder ma méditation par un exercice de visualisation : c’est-à-dire me répéter une intention, un mantra, ou visualiser un objectif comme un job que j’essaye de décrocher, par exemple. Et ensuite je médite dans la foulée 15-20 minutes. En dessous de 10 minutes, c’est trop court pour moi qui ai besoin d’au moins 5 minutes de méditation pour vraiment commencer à me calmer. 

Je donnerais comme premier conseil aux personnes désireuses de se lancer dans la méditation, de l’insérer à une autre habitude qu’on a déjà, comme par exemple juste avant ou après son sport préféré. Le deuxième conseil, ce serait de programmer un minuteur en guise d’objectif, et non comme impératif à atteindre absolument. Se forcer serait contre productif. Les méditations guidées, ça aide aussi plein de gens à débuter ! »