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Comment j'ai vaincu mes complexes sur mon corps

Texte Horace
Photos Louis Canadas

4 mecs nous racontent comment ils ont appris à accepter et aimer leur apparence.

“J’étais abonné à des magazines de mecs avant, mais ça m’a saoulé. C’est toujours la même chose, il y a un diktat du corps maigre, des critères auxquels il faut correspondre”. C’est Nazar, danseur, qui le raconte. Avoir des complexes lorsqu'on est un homme peut être pesant. Nous avons demandé à 4 mecs aux histoires différentes de nous raconter comment ils étaient venus à bout des complexes pour accepter leur corps tel qu’il est, et apprendre à l’aimer.

Jean Baptiste, 26 ans

“J’ai eu un parcours assez classique : j’étais assez costaud ado, puisque je pesais 83 kgs pour 1m70 à 14 ans. J’ai subi les moqueries de mes camarades. J’ai donc longtemps eu du mal à m’accepter, d’autant plus que j’ai beaucoup galéré avec mon poids étant adulte - j’en perdais, puis le reprenais avec intérêts” raconte Jean Baptiste, 26 ans. Il met lui aussi en avant le poids des diktats qui pèsent sur les corps des hommes : "dans les médias, il y a un culte du corps très fort, c'est dur quand tu as des complexes". Son déclic ? “Suite à une rupture très difficile, j’ai décidé de me reprendre en main : c’est passé par prendre soin de ma peau, me mettre à la musculation et me faire tatouer”.

Derrière cette idée du tatouage, Jean Baptiste - 4 tatouages aujourd’hui et un 5ème en vue - cherchait à reprendre le contrôle de son corps. “Les efforts que je fais aujourd’hui, je les fais pour moi. J’ai appris à me défaire du regard et du jugement des autres à ce niveau-là”. Une vraie démarche psychologique, que Jean Baptiste n’a pas entreprise seul : “J’ai vu une psy qui m’a beaucoup aidé à remettre les choses en perspective”.

Pour accepter son corps, Jean Baptiste s’est également adonné avec sérieux à la musculation, qu’il pratique coaché, mais autonome : “c’est un coaching en ligne, assez minimal. J’ai un check-up régulier par email, mais sinon je suis seul à la salle. Ça permet d’externaliser la motivation, c’est un vrai coup de main”, raconte-t-il. Au programme ? Musculation et cardio. Avec une attention particulière portée au régime alimentaire : “j’ai longtemps enchaîné les régimes, mais ils avaient tendance à me frustrer, et je craquais en mangeant n’importe quoi. Aujourd’hui, je fais surtout attention à mes calories ingérées, mais je me permets de manger de tout”. Bilan : 7 kilos perdus, et de la masse musculaire de prise.

Il conclue : "Aujourd'hui, je me transforme petit à petit. Ça passe par la réappropriation de mon corps, par le fait de m'être débarrassé de mon acné, et par le fait d'oublier le regard des autres et de faire les choses pour moi".

Clément, 30 ans

Clément est albinos. Il raconte : “Aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours su que j’étais différent et ça m’a longtemps complexé. Né en Corée du Sud, j’ai été adopté à 10 mois par un couple français. J’ai grandi à la campagne, dans le nord de la France, où les autres enfants me trouvaient bizarre à cause de mes cheveux blancs, et j’ai commencé à trouver leurs propos violents vers l’âge de 8 ans”.

Son processus d’acceptation de soi a commencé tôt : “dès le collège, je me suis mis à me teindre les cheveux en blond, pour mieux me fondre dans la masse, mais ça n’y changeait presque rien, les gens continuaient de me dévisager pour essayer de déceler ce qui clochait chez moi, se demandaient pourquoi je portais autant mes lunettes de soleil, si je portais des lentilles colorées ou me teignais les cheveux parce que je n’assumais pas d’être asiatique : j’étais alors extrêmement complexé, timide, et réservé”.

Les cheveux et les vêtements sont vite devenus un terrain de jeu pour Clément : “À partir du lycée, j’ai commencé à davantage jouer avec mon apparence, en particulier au niveau des fringues. Une fois en école de mode, je ne passais toujours pas inaperçu mais on me scrutait positivement pour mes vêtements, et non pour se moquer de mon physique. À partir de là, je me suis mis à m’éclater niveau style et avec mes cheveux, à les boucler, les teindre en vert, en bleu, en roux, et le blond fraise m’allait franchement bien (rires). À un moment, au lieu de me cacher, je me suis dit “YOLO” et me suis progressivement réconcilié avec mon apparence”.

Résultat ? Aujourd’hui, l’homme s’avoue moins complexé. “J’ai pris le pouvoir sur l’image que je renvoie aux autres : je choisis la couleur de mes cheveux, leur forme, mon parfum, un look en accord avec ma personnalité et mon humeur. Après avoir été autant critiqué, moqué, et dévisagé, prendre soin de moi relève presque de la revanche saine, on peut presque dire que ça me soigne intérieurement".

Christophe, 27 ans

Christophe, lui, raconte comment il a vécu, au lycée, une poussée de croissance impressionnante. “J’ai pris 30 centimètres en un an au cours de mon année de seconde, et je ne prenais pas de poids malgré tout ce que je pouvais manger : j'étais grand, et maigre”. À cette occasion, il a rencontré quelques moqueries. “Les moqueries venaient de mes amis surtout, pour me chambrer plus que dans une vraie optique de bullying”, raconte-t-il aujourd’hui. Si bien qu’à l’époque, il ne se sent pas vraiment complexé.

Aujourd’hui, toutefois, c’est plus compliqué : “Honnêtement, tout ce délire du healthy est hyper pesant. On a parfois l'impression que si tu ne cours pas de marathons, tu passes à côté de ta vie. L'esprit sain dans un corps sain est un mantra positif mais on est parfois proche d’un diktat du muscle et de la forme assez pesant quand on est grand et maigre, sans particulière passion pour le sport, mais j'ai décidé que l'esprit sain, c'était surtout d'être bien dans son corps sans se soucier de ça”.

Nazar, 28 ans

Dans son interview avec nous, Nazar, l’un des modèles de notre dernier shooting photo gel douche ayant connu une prise de poids importante suite à une maladie, racontait : “Je n’ai pas d’autre choix que d’accepter mon corps, donc autant me servir de ça pour être plus fort”. Sa mentalité, sur la question, est simple, et forcément inspirante : “Dès que tu t'acceptes physiquement, tu ne laisses pas de choix aux autres. Tu t'imposes comme tu es”. Word.

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