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Dans la routine de Romain Dayez

Texte Anthony Vincent
Photos Victoria Paterno

Le chanteur lyrique parle d'opéra, de maquillage et d'animaux de compagnie.

Dans le XIXe arrondissement de Paris, le chanteur lyrique d'1m98 nous ouvre les portes de son appartement décoré d'animaux empaillés et de bustes en marbre, de croquis dessinés par ses soins ou de tableaux peints par sa mère. Une fois son chien éloigné dans la pièce d'à côté, le baryton de 29 ans parle de l'élitisme à l'opéra, du maquillage qu'il porte hors scène, et de sa passion pour les animaux. Le tout sous l'oeil fixe de son caméléon de compagnie.

Peux-tu te présenter ?

Je suis belge. Nous sommes bruxellois depuis 5 ou 6 générations donc tu as face à toi un rare spécimen de belgitude (rires). Après avoir passé une licence de chant lyrique au Conservatoire royal de musique de Bruxelles, je suis venu à Paris il y a huit ans pour refaire une licence et un master au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Après ces huit années d'étude, je travaille maintenant à équilibrer entre le grand répertoire lyrique et les créations contemporaines et performances. Cela me permet de travailler avec d'autres artistes, des chorégraphes, des cinéastes, des musiciens d'autres répertoires comme Mélanie de Biasio qui a beaucoup de succès en Belgique ou Gaël Faye. J'essaye ainsi d'amener la manière de chanter lyrique en dehors du répertoire. Dernièrement, j'ai créé mon groupe, Le Rapt Invisible. Nous faisons de l'électronique avec du chant grégorien.

Tu as toujours voulu travailler dans la musique ?

J’ai longtemps voulu être vétérinaire. J'ai eu énormément d'animaux de compagnie au cycle de vie court. J'en ai eu près de 2000 : des lapins, des hamsters, des poissons, des reptiles, un mouton, un cochon, et même un lama apprivoisé que je promenais dans Bruxelles. L'année de mon bac, j'avais pris des cours de chant par curiosité et le professeur m'a dit que j'avais un peu de talent donc j'ai présenté le conservatoire. J'ai mis ma passion pour les bêtes de côté jusqu'à mon Master 2 où j'ai fait mon mémoire sur l'emprunt comportemental animal dans les arts du spectacle. Mon parcours est très marqué par l'animalité et le sacré, deux aspects qui évoquent la sortie de soi, de sa condition humaine. Aujourd'hui, la scène me procure un grand sentiment d'apaisement, c'est l’endroit où je me sens le plus entouré.

Comment gères-tu ton image de jeune chanteur lyrique à la croisée des répertoires ?

J'essaye de casser le stéréotype et la fausse image de chanteur lyrique vieux et bedonnant, qui ne chanterait qu'à l'opéra. J'ai rapidement créé mon site internet, une page Facebook et Instagram, et travaille mon image un peu à la manière des artistes pop. J'ai une double-casquette, à la fois créateur et interprète, ce qui n’est pas si courant dans le milieu et pas toujours vu comme une qualité mais je veux continuer à concilier les deux. Après mes choix esthétiques sont grandement liés au chant : je porte beaucoup de col roulé pour protéger au mieux ma voix, par exemple. Je ne peux pas faire n'importe quel sport car des abdos trop musclés pourraient entraver ma façon de chanter.

Le chant lyrique a beaucoup d'impact sur son ton style de vie, en fait ?

Oui, puisque mon instrument c'est mon corps, je dois y faire très attention. Beaucoup d'aliments me sont interdits. En période de concerts, je ne peux pas aller dans des soirées ou des vernissages trop bruyants pour ne pas parler dans le bruit. Ma peau est abîmée par les couches très épaisses de maquillage de scène. À l'opéra, on maquille énormément car cela doit se voir de loin par les spectateurs, mais on ne prend pas forcément le temps de bien démaquiller après, du coup je me réveille souvent le lendemain avec des traces. En tant que chanteur lyrique, on a un tel sentiment de privation, de ne pas pouvoir manger, boire, sortir comme on veut, qu'on a tendance à compenser par des excès juste après les représentations.

À quoi ressemble ton quotidien ?

Sur un an, je passe environ 200 jours à Paris, et le reste du temps en déplacement pour des représentations. Les artistes ont souvent un jour off entre chaque spectacle, tant c'est exténuant. C'est aussi pour ça qu'il y a souvent deux distributions. Lendemain de spectacle ou non, je me réveille généralement vers 11h, et chante aussitôt 2 ou 3 notes pour connaître l'état de ma voix. Je traîne longtemps au lit, après je vais prendre une douche en écoutant de la musique et en chantant évidemment. Autant, je fais attention à comment je m'habille, car cela se voit de loin, autant je vais au plus simple et pratique pour mes produits d'hygiène puisqu'on me voit peu de près. Je me contente d'avoir l'air soigné de loin (rires).

Quels produits utilises-tu ?

J’aime les produits simples, comme les gels douche Horace. Mon préféré, c'est celui à la fleur d’oranger. Dans la même veine, j'aime l'odeur du baume hydratant mains qui sent les agrumes. J'utilise aussi l'hydratant matifiant car il empêche ma peau de briller. Je fais le minimum mais ma plus grande coquetterie, c'est qu'il m'arrive de me maquiller hors scène avec quelques produits Mac comme le fond de teint Face and Body à la couvrance légère et naturelle. À force d'être maquillé pour des représentations, je me trouve moins bien sans rien.

À quoi est-ce que tu dois particulièrement faire attention en tant que chanteur ?

À mon hygiène bucco-dentaire : je me lave les dents plusieurs fois par jour, évidemment, mais aussi juste avant chaque concert. Je fais aussi beaucoup de bains de bouche et prends du bicarbonate de soude pour contrer le reflux gastrique, très propre aux chanteurs.

Et côté parfum ?

Pour le coup, j'en mets vraiment beaucoup. Je ne m'en rends pas compte car j'ai un odorat peu développé, mais on me fait souvent la remarque. Depuis un an, je porte Sauvage de Dior, car il est élégant sans être péteux, et correspond à mon âge.

Que fais-tu pour ta barbe ?

Je la taille tous les trois jours avec une tondeuse. Elle me permet de compenser une dissymétrie faciale : j'ai une joue plus grosse que l'autre. Elle m'aide aussi à mieux correspondre aux rôles de patriarches ou de méchants donnés au baryton, et à être davantage pris au sérieux. Un baryton, avant 30 ans, c'est un bébé ; l'apogée de sa carrière s'atteint plutôt vers 45-50 ans. C'est notamment pour cela que je porte la barbe, même si je trouve que ça ne me va pas spécialement. Ça permet de me vieillir et donc de mieux correspondre aux rôles que je suis généralement amené à jouer.

C'est pareil pour tes cheveux : tu ne peux pas faire ce que tu veux ?

J'ai les cheveux très épais et compliqués à coiffer donc j'utilise du gel pour discipliner mes épis et je vais chez le coiffeur toutes les trois semaines. Je dois garder une coiffure assez classique pour les représentations. Même si j'aurais aimé quelque chose de plus excentrique car j'adore flirter entre le vulgaire et le chic. Seulement, je dois pouvoir me prêter à toutes les métamorphoses, et c’est notamment pour cela que je ne me fais pas de tatouage ou de piercing. Être un chanteur, c'est être un caméléon.

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