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Dans la routine de Régis Pennel

Texte Anthony Vincent
Photos Victoria Paterno

Le fondateur du concept-store L’Exception parle équilibre entre business et paternité, style masculin, et made in France.

Dans son appartement en enfilade du 10e arrondissement, les meubles de récup’ vintage en bois disputent l'espace à des appareils ménagers et accents de déco contemporains. Habillé d’une marinière Petit Bateau et d’un jean parfaitement coupé Naked and Famous, Régis Pennel apparaît comme la parfaite égérie de son concept-store L’Exception, fondé fin 2011 : un urbain éclairé, soigné et relax, adepte de marques françaises mais aussi internationales, pourvues qu’elles soient créatives et au prix juste. À 38 ans, cet esthète épicurien cultive le goût des choses simples et/ou créatives, mais surtout bien pensées, aussi bien en matière d’habillement que de grooming. Il nous raconte sa quête d’équilibre, déjà bien aboutie.

Tu as toujours voulu travailler dans la mode ?

C'était une passion que j'avais depuis longtemps, sans vraiment connaître les métiers de la mode. J'étais loin d'imaginer qu'on pouvait y avoir une profession « sérieuse ». D'autant que lorsque j'ai commencé, les groupes de luxe n'étaient pas aussi puissants qu'aujourd'hui. J’ai débuté au Ministère des Finances car je ne savais pas quoi faire de ma vie et avais suivi des études que mes parents me disaient de suivre. Puis, je me suis écouté : quitte à faire le même métier toute ma vie, autant qu’il me procure du plaisir, alors j’ai postulé chez LVMH, où j’ai travaillé près de 5 ans chez Céline.

Pourquoi as-tu lancé L’Exception, et comment ce concept-store se démarque ?

Je me suis lancé au moment où Paris bouillonnait de jeunes marques créatives françaises et haut de gamme, donc j'ai voulu rendre cela plus accessible en les réunissant sur le site de L'Exception. Au départ, on n’y trouvait que des marques françaises, Made in France ou non, de moyenne gamme au luxe. On a finit par réaliser un sondage auprès des clients de L'Exception pour savoir s'ils souhaitaient exclusivement des marques françaises, et ils ont répondu que c'était davantage la qualité de notre curation que l'origine des produits ou des marques vendus qui leur importait. Maintenant, on fonctionne au coup de cœur, en fonction du rapport créativité-qualité-prix.

Pourquoi être passé d’une sélection de créateurs français au départ à une curation plus internationale aujourd’hui ?

Cet intérêt pour les créateurs français, pas forcément Made in France qui coûte finalement très cher au client, était le plus intense de 2011 à 2014. Or, beaucoup de ces jeunes marques lancées au début de la vague ont dû s'arrêter au moment de faire le bilan, deux à trois ans après leur lancement. Aujourd'hui, les gens achètent à 60% en soldes ou en promotion, alors les marques ont beaucoup de mal à se développer. Le secteur se referme maintenant sur les marques de mass market, celles du Sentier établies depuis plus longtemps, et le luxe. Sur ce marché saturé et hyper concurrentiel, le segment créateur connaît beaucoup de difficultés, a fortiori du côté des hommes.

Pourquoi les hommes ont-ils un style si uniforme, à ton avis ?

Je pense que cela vient en grande partie de l'éducation : quand mon épouse et moi cherchons à acheter des vêtements à notre fils de 3 ans, on ne trouve rien d'autre que du bleu, du vert, et du gris. Cela commence au berceau, et les hommes gardent le même vestiaire limité toute leur vie. Dès que tu sors de l'uni et des couleurs basiques, on te regarde bizarrement dans la rue. Mon fils pourrait choisir au rayon vêtement ou jouet des choses jaunes fluos ou roses, mais la société le rattraperait quand au McDo on lui demandera de choisir entre un jouet fille ou un jouet garçon dans son Happy Meal, par exemple.

Comment s'organisent tes journées ?

Mon fils me réveille en me sautant dessus à 8 heures tous les matins. On petit-déjeune en famille, rien de très healthy : de la brioche ou des crêpes de la boulangerie tartinées de chocolat d’Angelina. Je fais un tour dans la salle de bain vers 45, emmène mon enfant à l'école pour 9h à pied, et arrive au bureau qui se trouve juste à côté à 9h10. Mes journées se composent de rendez-vous dans des showrooms, avec des créateurs ou des journalistes, de réunions de travail avec mon équipe, et je ne suis vraiment assis derrière mon ordinateur qu'une à deux heures par jour. J'essaye de rentrer pour 20h30 afin de coucher mon fils.

Quelle est ta routine grooming du matin ?

Je passe à peine 10 minutes dans la salle de bain. Je me douche avec le gel douche Horace à la menthe poivrée. Je me shampouine un jour sur deux avec du John Masters Organics, un produit onéreux mais qui vaut le coût. On a finalement besoin de très peu de produit donc un petit flacon me dure facilement deux mois. Pour le visage, je passe un coup de rasoir électrique, puis j'utilise juste un toner Kiehl's et un peu d'après-rasage Avène. Cela me suffit car je n'ai pas la peau sèche et trouve les nettoyants trop agressifs le matin. Et je termine juste par un pschitt d'Exemplaire Unique de la maison des Eaux Primordiales, fondée par mon ami Arnaud Poulain.

Tu te contentes du strict minimum, en somme. Est-ce que tu en fais plus le soir ou le week-end ?

Le soir, j'utilise le nettoyant Horace, vu que je roule en scooter la journée donc ça m'aide à me débarrasser de la pollution, mais j'y pense rarement. Une fois dans mon lit, je mets un peu de crème riche pour le corps de Dyptique sur les zones les plus sèches, en particulier les hanches à cause des frottements de mes jeans. Une fois l'hiver arrivé, j'utilise l'hydratant Horace pour ne pas avoir la peau qui tiraille au niveau du visage le matin, la crème mains de La Compagnie de Provence, et mets de l'Homéoplasmine sur mes lèvres le soir en guise de baume.

Tu n'as jamais eu de problème de peau, ni de cheveux ?

J'ai eu des problèmes de pellicule, donc je lavais mes cheveux tous les jours, avec plein de shampoings différents, dont ceux qu'on trouve en supermarché Head & Shoulders ou Petrole Hahn. Jusqu'au jour où un dermatologue m'a expliqué que c'était justement parce que j'en faisais trop que mes cheveux réagissaient à coups de pellicules. Alors je suis passé aux shampoings bio, qui moussent très peu mais justement parce qu’ils sont doux. Au bout d'un mois, je n'avais plus de problème. Après, à cause du scooter, je dois avouer que les gens ont plus l'habitude de me voir arriver hirsute que bien coiffé avec la peau qui ne brille pas !

Tu as l'air d'être quelqu'un d'hyper-connecté. Tu parviens à décrocher facilement ?

Je reçois en moyenne 1000 mails par jour. J'ai besoin d'être joignable en permanence en tant que responsable de boutique et d’un site, en cas de problème. Avant, je regardais mes mails tout le temps, même le week-end. Mais maintenant, durant mes jours off, j'ai décidé d'une plage horaire pendant laquelle je m’autorise à y toucher, mais pas en dehors. En semaine, je m'organise également un créneau quotidien de 14h à 15h, où je travaille sur un projet de moyen à long cours, afin d'être sûr de progresser sur ce sujet de fond, au lieu d'être toujours occupé à répondre à des mails, des urgences, ou des objectifs du quotidien immédiat.

Tu fais du sport pour t'aider à décompresser ?

Les bébés-nageurs, ça compte (rire) ? Plus sérieusement, je me suis inscrit plusieurs fois en salle, mais je n'ai jamais tenu plus d'un mois. Je suis arrivé à un moment où ma vie est principalement composée de ma famille et de mon boulot. Donc si j'ai deux heures libres, je les consacrerais automatiquement à mon fils, plutôt qu'à prendre soin de moi. Même si, au fond, cela me procure un bien fou.

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