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Dans la routine de Pierre Boiselle

Texte Martin Lacroix
Photos Jean Granon

Nous avons parlé de mode, d’instagram et de sobas avec l’associé français de Resident Showroom.

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Après plusieurs années passées entre Bâle, Lyon et des avions, Pierre vient de poser une bonne fois pour toutes ses valises au cœur de la presqu’île lyonnaise. Jeune père, il vient aussi de s’installer dans un nouvel et vaste appartement. Cet autodidacte de la mode nous reçoit dans son salon, où attendent encore d’être accrochées une toile de son ami peintre Patrick Guidot et des planches de skate Supreme.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Pierre Boiselle, j’ai 31 ans, je vis à Lyon, je suis papa d’une petite Mia depuis 5 mois et je trouve ça fabuleux !

Que fais-tu dans la vie ?

Je monte un showroom de prêt-à-porter masculin à Paris qui s’appelle Resident Showroom. C’est un nouveau concept. On essaie de combiner un salon et un showroom à la fois car beaucoup de marques ont besoin de rester à Paris un petit peu plus que trois jours. Je suis associé avec Craig Ford et Mark Baptista, qui avaient monté Jacket Required à Londres. On fait venir 32 marques d’un peu partout dans le monde comme Enharmonic Tavern, FDMTL, Thunders ou TSPTR. C’est relativement niche. Ils ont peu de clients mais sont vendus un peu partout dans le monde.

En quoi consiste ton travail exactement ?

On est une micro-structure donc je suis couteau suisse. On a eu d’abord une période de prospection commerciale qui est bouclée. C’est le côté que je trouve extrêmement excitant de ce boulot parce que ça te permet de rencontrer plein de gens, des petites marques de vêtements. C’est vraiment excitant car c’est presque un travail d’acheteur mais sans la contrainte de l’achat. La rencontre avec ces gens, c’est quelque chose que je n’avais pas l’opportunité de faire avant car je travaillais pour une seule marque. Ça c’est la partie que je viens de clôturer. Là, je rentre dans la partie qui m’inquiète un peu plus, car je n’ai jamais vraiment fait ça de ma vie. C’est vraiment événementiel et c’est plus de la logistique. Trouver le boulanger qui va te faire tes croissants le matin, trouver un espace de stockage supplémentaire, bloquer la rue le jour où les marques vont s’installer...

Tu peux revenir un petit peu sur ton parcours ? Tu as fait quoi avant cette aventure ?

J’ai eu un parcours chanceux. Je n’ai pas fait d’études. Après avoir raté mon bac à Lyon, je suis parti à Paris pour faire une école de stylisme que j’ai arrêté très rapidement parce que j’ai deux mains gauches (rires). J’ai eu la chance d’avoir quelques petites opportunités. J’ai commencé à bosser pour Clark Magazine, où je m’occupais des pages shoppings et où l’idée était de trouver des produits peu connus. C’était très intéressant car très libre. Ensuite je suis parti en Suède avec l’idée de m’y installer. C’est alors que j’ai eu l’opportunité, par un copain de copain, de travailler pour Edwin en tant qu’assistant de Rey Gautier, alors directeur créatif. Du coup, je suis parti m’installer à Bâle.

Tu y es resté sept ans.

Oui. On était vraiment une toute petite équipe. Ca a été assez difficile au début car même si je croyais avoir un niveau d’anglais correct, en réalité je ne l’avais pas. Du coup, c’était assez difficile de communiquer et surtout de se faire écouter. Mais ça s’est plutôt bien passé au bout d’un moment. Mes positions ont évolué. Je me suis occupé du management des agents commerciaux. J’ai appris sur le tas. On avait une quarantaine d’agents en Europe et j’avais un dialogue facile avec eux. Ca m’intéressait, donc assez naturellement je me suis retrouvé à manager les agents commerciaux.

Comment as-tu évolué au sein d’Edwin ?

Comme je te le disais, c’était vraiment une petite société, malgré sa renommée en Europe et surtout au Japon. On avait une toute petite équipe de production donc j’essayais de m’impliquer au maximum dans les vêtements. L’analyse de chiffres m’intéressait, je me suis naturellement intéressé au merchandising et j’ai pris de plus en plus d’importance dans les choix de collection. En 2014, Rey Gautier (le directeur créatif) a décidé de partir. Lorsqu’il est parti c’était un peu un choc et en même temps ça m’a donné une opportunité. J’ai eu la chance de devenir Brand Director pour Edwin pendant un an jusqu’à mon départ il y a un an. C’est un titre très pompeux mais ce qui était incroyable c’est que j’avais un regard sur tout. C’était très enrichissant, très intéressant.

Ton travail impose de beaucoup voyager. Quelle a été ta dernière destination ?

Mon dernier voyage c’était Tokyo au Japon. J’y ai passé une semaine. Lorsque je travaillais chez Edwin, j’avais la chance d’y aller régulièrement. C’était mon neuvième voyage là-bas. C’est un endroit fabuleux. Le plus grand luxe que j’ai, c’est d’avoir des habitudes dans des villes que je ne connais pas vraiment. Je retourne toujours dans les mêmes endroits. C’est pas forcément le meilleur de la ville mais j’y ai mes petites habitudes et ça c’est vraiment génial.

Quelle est ta routine tokyoïte ?

Quand j’arrive, que je viens de faire quatorze heures de voyage, je commence par faire un tour. Je descends souvent dans un hôtel de Shibuya. De là, je marche jusqu’au parc Yoyogi. Puis je vais vers Daikanyama en direction de Nakameguro. C’est une balade super agréable. L’architecture y est harmonieuse, c’est très chic, très beau. Puis je vais manger dans un endroit que j’aime, un petit restaurant qui ne paye pas de mine. Je ne me souviens jamais du nom. Je suis seul. Il n’y a pas trop de partage mais c’est super. La nourriture y est très bonne, le poisson super frais. Les sashimis fondent dans la bouche. Lorsque j’étais chez Edwin, on allait aussi souvent manger dans un petit restaurant de quartier à côté des bureaux. A Nippori district, le quartier emblématique des fabricants de textile. C’est microscopique. Tu es reçu par une dame âgée. Et les sobas y sont délicieux.

D’où vient ta passion pour les vêtements ?

Je ne saurais pas l’expliquer. Je crois que ça remonte à l'enfance. J’ai toujours adoré ça. C’est un rapport à l’esthétisme et aux matières aussi. Je n’aimerais pas le vêtement si je ne pouvais pas le toucher. Puis c’est aussi un rapport à l’allure et tout ce que ça peut représenter. C’est une vraie passion. Ca ne bougera jamais. J’aurai ça toute ma vie. J’ai de la chance.

Maintenant que tu travailles de chez toi à Lyon, quelle est ta routine matinale ?

Généralement je me fais lever par ma fille vers huit heures. Je m’occupe d’elle. Ensuite c’est café, cigarette en regardant mes mails et Instagram sur mon téléphone. C’est la première chose que je fais. Cela me prend une vingtaine de minutes, avant de sauter dans la douche. Sous la douche j’utilise le gel nettoyant Horace. J’applique la crème hydratante Horace à l’huile de figue de barbarie, puis me lave les dents à l’aide d’une brosse à dents, celle au Binchotan. Je me coiffe avec la Clay pomade Baxter Of California, et je retourne sur instagram.

Tu es addict ?

Je suis vraiment accro à instagram. Je trouve que c’est fabuleux. C’est un œil sur le monde. Tu as accès à des milliers de boutiques et de marques partout dans le monde et du coup à des nouvelles influences selon les boutiques. J’y passe une bonne heure par jour en cumulé, par session de 5-10 minutes.

Sinon, tu n’es pas très réseaux sociaux ?

Non, mais ça c’est vachement bien. J’ai trouvé une vraie raison aux réseaux sociaux. Je trouve que les réseaux sociaux, pour soi, à moins d’être un artiste, ça n’a aucun intérêt. Ça me met mal à l’aise. Ce n’est que de la promotion de soi. C’est pas du tout naturel, ça ne m’intéresse pas.

Quels autres médias consommes-tu ?

En digital, Highsnobiety, Hypebeast, Sportswear International et Business of Fashion tous les jours. Je ne consomme que l’actualité de la mode. J’aimerais bien changer un peu mais il n’y a que ça qui m’intéresse. J’ai besoin de toujours regarder qui a rentré quoi, qui a acheté quoi, analyser la sélection des boutiques. Voir ce qui se fait. Essayer de comparer. Je suis toujours intéressé par les sélections que les gens font. C’est quelque chose que je dois faire au quotidien. J’y passe beaucoup de temps. Ca me permet d’avoir une vision globale du marché et de l’analyser. Mais finalement c’est le produit qui m’intéresse et, en dehors de certaines interviews, c’est peu l’éditorial. Si je veux de l’éditorial, je le trouve dans la presse magazine comme Inventory, New Order, Intelligence magazine. Lorsque je suis au Japon j’achète Fudge, 2ND ou Popeye. Mais là encore on revient au produit, puisque je ne sais pas lire le japonais.

Pour finir, tu peux nous dire ce qui te plait en ce moment ?

Ca n’a rien d’extraordinaire et de si novateur mais j’aime beaucoup toutes ces petites marques de streetwear influencés par le skateboard des années 90 comme All Timers, Bronze ou Bianca Chandon. Le skateboard c’est ma première influence. Même si je n’ai jamais été très bon, j’en ai beaucoup fait plus jeune et beaucoup de mes amis d’enfance viennent de cette scène. Ces tee-shirts à logos déconne, ces codes réinterprétés, je trouve ça génial. Et puis pour la première fois, une mode que j’ai déjà connu revient et est réappropriée. Ça me touche beaucoup.

Photos : Jean Granon

Interview : Martin Lacroix

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