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Dans la routine de Nicolas Ouchenir

Texte Anthony Vincent
Photos Guilhem Malissen

Le calligraphe nous parle crème pour les mains, Body Sculpt et écriture.

Lorsqu'il nous ouvre les portes de son atelier, difficile de se mouvoir sans faire tomber un calepin ou un stylo, tant le lieu déborde d'instruments d'écriture plus mystérieux les uns que les autres. Depuis quinze ans, ce calligraphe autodidacte du tout-Paris signe l'identité visuelle de clients venant principalement du luxe, mais aussi de l'automobile ou même du sport, grâce à ses mains dont il sait prendre le plus grand soin. Il nous raconte sa routine dans son atelier, à quelques jets d'encre des Champs Élysées.

Comment es-tu passé d’une école de commerce au dépoussiérage de la calligraphie ?

J’ai commencé à travailler dans des galeries d’art, entré par la porte de la finance, mais avec une vraie passion pour cet univers. Un soir, je me suis mis à écrire intuitivement des invitations à la main, ce qui a assuré le succès du vernissage, où les visiteurs venaient carrément avec leurs cartons. J’ai senti qu’il se passait quelque chose, mais suis parti du jour au lendemain au Brésil faire tout autre chose. Un an plus tard, j’ai été rappelé à Paris par la collectionneuse d’art Pia de Brantes pour m’occuper de la calligraphie des nombreux événements qu’elle organise, car elle ne trouvait personne à Paris. À l’époque, il y avait peu de calligraphes et chacun ne comptaient à leur palette que quelques styles d’écriture qu’ils reproduisaient encore et encore...

En quoi consiste ton processus créatif avec tes clients ?

Au lieu de copier les éternelles gothiques, anglaises ou mérovingiennes, je leur propose d’inventer une nouvelle signature inspirée de leur univers propre, de leur patrimoine que je m'efforce de remettre au goût du jour. Le champ des possibles est infini. Par exemple, pour un hôtel, je peux être amené à redessiner le logo, mais aussi à réfléchir au choix du personnel, jusqu'à l'odeur de l'espace, puisque tout ceci constitue la signature du lieu. On ne doit pas sous-estimer l’importance d’un logo car c’est sans doute l’élément le plus facilement mémorisable par tout le monde.

De Louis Vuitton à promod, comment choisis-tu tes clients ? Comment t'es tu retrouvé à signer le maillot des 120 ans du club de football du Red Star par exemple ?

C'est l'histoire de rencontres instinctives. Pour le Red Star, le propriétaire, Patrice Haddad, est un ami à moi dont je n'avais jamais vraiment compris le travail. Il m'a un jour montré le site internet de sa société de production, Première Heure, et j'ai encore moins bien compris ! Il m'a alors proposé d'en repenser la mise en page et l'esthétique, allant jusqu'à redessiner le logo du Red Star pour qu'il s'intègre encore mieux au site. Comme j'adore découvrir de nouveaux univers, je suis allé à Saint-Ouen, j'ai rencontré les footballeurs, me suis inspiré de leur maillot, de l'odeur du stade, pour dessiner un logo très organique, vif, où l'on sent presque l'encre couler.

À l'ère du digital, du virtuel, pourquoi penses-tu que les marques font appel à ta calligraphie ? Est-ce pour retourner vers quelque chose de plus tangible ?

Dans la conscience collective, il est plus pratique de larguer sa moitié par sms que par lettre. C'est plus rapide et lapidaire. Une lettre s'avèrerait autrement plus engageante, exigerait plus d'intentionnalité : il faut trouver du papier, un stylo, une enveloppe, écrire et faire la démarche de poster ses émotions. L'écriture manuscrite véhicule beaucoup mieux les sentiments. C'est sans doute pour cela qu'on a souvent peur d'écrire… On ne s’écrit pas de la même manière quand on est en colère ou amoureux.

Tu arrives à lire la personnalité des gens à travers leur écriture ?

Non, j'adorerais croire à la graphologie, à cette possibilité de déduire des caractéristiques psychologiques d'un individu en décryptant ses tracés, mais je trouve cela trop incertain ou réducteur. En revanche, je sais déterminer si la personne qui écrit vient d'Angleterre ou de France et sa tranche d'âge, par exemple, car on n'apprend pas à écrire de la même façon en fonction des régions du monde et des époques.

Quel est l'endroit le plus saugrenu où l'on t'ait demandé d'écrire ?

Des paroles de chanson sur le corps nu de Cécile Cassel pour la pochette de son nouvel album, photographié par Jean-Baptiste Mondino.

Entre les expositions, les Fashion Weeks, et tes nombreux voyages professionnels, est-ce que tu arrives à suivre une même routine, un même rythme de vie ?

Oui, car mon appartement se situe l'étage au-dessus de mon atelier. Matinal, je me réveille naturellement vers 7h, avale un café et un kiwi, et file sous la douche avec France Inter en fond sonore. Je m'y lave les dents avec une brosse à dents électrique et le dentifrice blanchissant Marvis. Je me shampouine tous les jours, et me rase tous les 3 jours pour bien définir ma moustache. J'utilise un gel douche doux pour ma peau sèche. L’été, ou si je voyage au soleil, j’applique de l’huile d’argan enrichie d’un filtre UV sur ma moustache et mon bouc. Côté parfum, j'alterne entre le Vétiver de Tom Ford et celui de Guerlain pour signer l’allure.

Quelles crèmes utilises-tu pour lutter contre la sécheresse ?

Le matin, pour le visage, j'utilise un sérum, une crème, et un baume à lèvres Darphin, et parfois quelques gouttes d'huile d'argan de Marrakech sur le haut de mes pommettes, particulièrement sèches. Après le sport, je préfère l'hydratant Horace pour sa fluidité. Sur le corps, j'utilise du Dexeryl. Pour mes mains, je garde dans la salle de bain le flacon pompe de crème pour les mains Ren Skincare, et sur mon bureau un tube Aesop. Et lorsque je voyage, j'ai les mêmes produits dans ma trousse de toilette. Tout cela me prend une quinzaine de minutes, j'enfile une tenue, toujours toute noire, car je me tache énormément, et je descends au bureau.

Tu fais des choses en plus pour tes mains ?

C'est mon principal outil de travail donc je suis assuré du bout des ongles jusqu'au coude, et j'en prends particulièrement soin. J'applique parfois de la crème contre les douleurs articulaires, vu que j'écris toute la journée. Du coup, je m'offre des massages de tout le haut du corps, en insistant sur les mains, dès que je suis à New York ou à Marrakech. Je rêve d'une crème pour les mains qui n'irait pas se loger sous les ongles, car elle y noircit et donne un aspect sale difficile à déloger, surtout avec l'encre indélébile que j'utilise. Sinon, je fais une manucure par mois à l’Institut de Beauté Carita à Paris.

Tu trouves le temps de faire du sport dans tout ça ?

Je vais en salle près de chez moi de 2 à 4 fois par semaine, prendre des cours collectifs de Body Sculpt, ce genre de choses qui n'ont rien de glamour mais qui fonctionnent bien sur moi.

Tu arrives à déconnecter facilement du boulot ?

Pas vraiment car j'aime énormément ce que je fais, et je quitte le bureau extrêmement tard. Un travers facilité par le fait que je vis juste au dessus de l'atelier. Mais je compte déménager prochainement afin de retrouver le précieux temps de transition de la maison au travail.

Photos : Guilhem Malissen
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