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Dans la routine de Jonathan Barban

Texte Matthieu Morge-Zucconi
Photos Louis Canadas

Le responsable de la ligne Lacoste L!VE nous parle Red Bull, crossfit, et inspiration.

Jonathan Barban est un homme matinal. C’est avant 8h qu’il nous donne rendez-vous chez lui, dans un appartement qu’il a acheté et refait dans le 20ème arrondissement de Paris, pour nous raconter sa routine.

Bien entendu, un rendez-vous aussi matinal nécessite de l’organisation : à notre arrivé, le café est prêt et nous attend, accompagné d’un gâteau. Il est facile de se sentir chez soi chez Jonathan.

Bonjour Jonathan, peux-tu te présenter pour nos lecteurs ?

Je m’appelle Jonathan Barban, j’ai 32 ans. Depuis 6 ans, je travaille chez Lacoste. Je suis rentré comme styliste junior chez L!VE, avant de récupérer la direction de la ligne, sous la direction de Felipe Oliveira Baptista, qui est D.A de la marque.

Que faisais-tu avant de rejoindre Lacoste ?

J’ai fait un DSAA (diplôme supérieur d’arts appliqués) à l’école Duperré. En sortie d’école, j’ai brièvement travaillé avec Ramdane Touhami, et je l'aidais pour sa marque Résistance et Cire Trudon. J’ai ensuite été assistant de Christophe Lemaire pour sa propre marque, avant de rejoindre Lacoste.

Quel est ton rôle aujourd’hui ?

Felipe (Oliveira Baptista, directeur artistique de Lacoste, ndlr) a une vision globale de la direction que doit adopter la marque. Je suis là pour développer ses idées sur la ligne L!VE. Je travaille sous sa validation directe. Je suis très reconnaissant, car la marque m’a fait confiance assez tôt, ce qui était, je pense, une décision assez forte.

Tu es donc amené à designer ?

Oui. J’ai une vraie formation sur l’homme. Chez L!VE, avec mon équipe, on designe des collections hommes et femmes. Je traduis les idées et mes échanges avec Felipe en collections. Mais il y a aussi d’autres choses annexes à la création pure, du questionnement stratégique, du merchandising... Ça fait partie de la création, c’est un tout qu’il faut prendre en compte. Il y a aussi du management pur, quelque chose auquel je prends goût car il le faut, et du reporting, de l’email...

Comment en es-tu venu à ce métier ?

C’est quelque chose qui m’a toujours intéressé. Je pense que comme beaucoup de gens de ma génération, je suis venu au vêtement par le hip-hop. J’étais fasciné par cette culture, et aux vêtements portés par des gens comme Cam’ron ou le Wu-Tang. Forcément, cela a donné lieu a pas mal de dérapages stylistiques (rires) ! J’ai compris grâce à la musique que tu pouvais être rattaché à ta culture par les vêtements.

C’est une dimension forte, chez Lacoste, cet héritage culturel, non ?

Oui, il y a un double héritage. C’est un vrai sujet chez nous : comment concilie-t-on l’héritage populaire, hip-hop, et l’héritage plus “bourgeois” ? C’est de ce double héritage que la marque tire, je pense, sa popularité d’aujourd’hui. Les gens portent Lacoste pour ce que la marque veut dire, ce qu’elle représente.

La collaboration avec Supreme est un signe fort vers l’héritage plus “street” de la marque. Comment celle-ci s’est-elle faite ?

Assez simplement, en fait. Personnellement, à 20 ans, quand j’allais à New York, j’allais chez eux sur Lafayette. Ce sont des retailers géniaux. Ils savent exactement ce qu’il faut vendre et quand. Ça s’est fait naturellement. On voulait les contacter, et eux aussi. Ça tombait à point nommé.

Comment s’organise ta journée de travail ?

Elle est assez flexible : la mode, c’est assez sinusoïdal. Il y a des moments très intenses et d’autres beaucoup plus calmes. De manière générale, je commence vers 9:30, 10:00. Je termine vers 19:00, 19:30. C’est beaucoup de rendez-vous, de coordination, de moments avec l’équipe et de discussions pour avancer.

Tu nous as aujourd’hui donné rendez-vous avant le travail. Tu es un lève-tôt ?

J’ai une relation assez conflictuelle avec mon réveil. Je suis fasciné par les gens qui se lèvent tôt, mais je peux difficilement faire plus tôt que 7:30. Lorsque j’ai commencé à travailler, je me levais à 8:30 et je prenais un Red Bull, mais je me suis vite dit que ce n’était pas tenable. Quand tu débutes, tu as tendance à compenser par du temps de présence ton inexpérience. En prenant de l’expérience, c’est moins nécessaire - d’autant plus que je pense que tu découvres avec le temps que tout ce qu’il y a autour du travail est très important pour être productif.

Bon, puisque tu as arrêté le Red Bull, quel est ton petit-déjeuner maintenant ?

C’est un peu plus équilibré ! Je prends une base de muesli, du lait végétal, des fruits mixés. Je mixe cette base puis j’ajoute quelques noisettes. J’essaye d’éviter les produits laitiers.

Cet appartement est vraiment spacieux. Tu es là depuis longtemps ?

Oui, ça fait 4 ou 5 ans. On est dans le quartier depuis 8 ans. Je suis né à Paris, dans ce quartier, et j’y ai pas mal de souvenirs d’enfance.


C’est assez rare dans les salles de bain parisiennes, qui sont souvent assez compactes, mais tu as une douche et une baignoire. Tu es adepte des deux ?

Cet appartement, on l’a refait avec ma copine, qui est architecte d’intérieur. La baignoire et la douche, c’était un peu un caprice : je ne prends que des douches et elle que des bains, donc nous avons chacun notre partie.

Tu as plusieurs produits pour les cheveux.

Oui, j’utilise la Hair Wax de Sachajuan et la Clay Pomade de Baxter of California. J’en mets peu car j’ai les cheveux courts. C’est assez récent, j’ai longtemps porté de la gomina mais c’est une vraie galère : t’en as partout dans la douche quand tu rinces, et même sur ton oreiller ! Le cheveu court, c’est pratique car je fais beaucoup de sport : ça ne me va pas dans les yeux, ça se lave facilement.

Tu as donc choisi ta coupe pour son côté “low maintenance” ?

Oui. D’ailleurs, les designers ont souvent les cheveux courts. À part Rick Owens, que j’aime beaucoup pour son côté “le fitness, c’est la nouvelle couture”. C’était très visionnaire, et c’est très Lacoste aussi, le côté liberté de mouvement…

Tu as une barbe, c’est pour le même souci de facilité ?

C’est aussi une question de peau : ma peau est très sensible, si je me rase j’ai des bleus. Au début, j’avais la barbe pour me donner de la contenance, mais j’y ai pris goût. Je la garde courte car elle est clairsemée, elle va vite ressembler à un collier.

Tu pratiques quel sport ?

Je fais du crossfit chez R2 Crossfit, rue du Chemin Vert. Ça défoule, c’est génial. J’en fais 3 à 5 fois par semaine, le soir plutôt car si j’en fais le matin, j’ai une sorte de trou physique à midi. Par contre, ça abîme les mains. J’ai une consommation de Cycatril et de crème pour les mains assez impressionnante !

Tu en fais depuis longtemps ?

Pour être honnête, j’ai commencé sur le tard. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose pour ma condition physique. Je me suis inscrit dans une salle sans trop de conviction, mais j’ai accroché.

Comment te rends-tu au bureau ?

En métro. J’ai longtemps eu un scooter, mais j’ai perdu les clés, et, si je les ai refaites depuis, j’ai repris l’habitude d’être dans le métro. C’est un bon moyen de voir comment les gens qui ne sont pas dans ton cercle proche sont habillés. C’est plein d’inspiration.

Justement, ton inspiration, tu la trouves où ?

Pas mal dans les livres. J’ai beaucoup de livres de design, de mode, de magazines. J’aime beaucoup Popeye et Fantastic Man. Ma bibliothèque n’est pas très bien classée, mais je sais plus ou moins ce que j’ai, et où (rires). Je trouve aussi beaucoup d’inspiration sur Tumblr, je m’y connecte tous les jours.

La collection L!VE s’articule autour de beaucoup de prints. Tu trouves des illustrateurs et collaborateurs, aussi, sur Tumblr ?

Oui, beaucoup de nos prints, 90% environ, sont faits par nos équipes mais on peut aussi travailler avec des gens de l’extérieur. Quand on aime bien un artiste, on peut acheter des prints, mettre en avant son travail…

Tu déconnectes facilement ?

Mon ordinateur reste au studio, ce qui aide. Parfois, je vais travailler d’ici, mais c’est rare. Il faut déconnecter. Je suis persuadé que travailler non-stop, envoyer des emails la nuit, ce n’est pas forcément sain. Cela dit, je pense tout le temps à la collection et je peux être devant un film ou dans une expo et voir un détail inspirant. Je ne m’arrête jamais vraiment, en fait.

Photos : Louis Canadas


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