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Dans la routine de Florian Gravier

Texte Anthony Vincent
Photos Louis Canadas

Le co-fondateur de Flaneurz nous parle rollers quad, entrepreneuriat social, et barbiers turcs.

Il arrive en même temps que nous en bas de son immeuble, Nike Air Raid montées sur rollers quad au pied. Derrière son allure de sneakerhead s'affirme l'âme d'un entrepreneur socialement engagé pour la banlieue qui l'a vu grandir, l'écologie, et l'accessibilité. Il nous ouvre les portes de son appartement haut perché du Xe arrondissement de Paris, truffé de baskets rétro iconiques et de souvenirs d'enfance.

Justement, "Flaneurz, c'est avant tout un rêve de gosse" annonce d'emblée Florian Gravier, pour présenter son concept imaginé dès mars 2013 de sneakers montées sur roulettes grâce à un système de châssis amovible en quelques secondes. S'il ne prétend pas avoir inventé la roue, il révolutionne pourtant l'allure du patin en le rendant adaptable à tous les styles, pile au moment où tout le monde rêve de rouler green en ville. Du bricolage à la mécanique bien huilée, cet ancien cuisinier globe-trotter de 36 ans raconte son succès sous les feux de la rampe.

Depuis quand tu bricoles et glisses en rollers ?

En France, on a l'habitude de fixer soi-même des roulettes sur des baskets pour en faire des patins. Enfant, j'ai dû bricoler avec mon père une vingtaine de paires comme ça, pour faire de la rampe, du saut à la Défense, plein de choses en rollers jusqu'à la fin de l'adolescence où j'ai découvert les fêtes et les filles... Après un master de conception de projets culturels, qui m'a amené à voyager pendant 7 ans pour organiser des salons d'art contemporain notamment, j'ai passé un CAP de cuisine et suis devenu cuistot à New York. J'ai alors demandé à ma mère de m'envoyer ma paire de rollers, des Nike Dunk violettes, pour mieux découvrir la ville. Les gens m'arrêtaient régulièrement dans la rue, étonnés par mes "sneakers on wheels" puisqu'ils ne connaissent que des bottines en cuir sur roulettes en guise de patin. J'ai donc commencé à monter sur commande pour des amis américains des rollers. Et l'idée a commencé à germer d'en faire un business.

Quel a été le déclic pour abandonner les métiers de la table et passer à l'entreprenariat ?

Serveur à Venise, je me faisais régulièrement arrêter car je faisais du rollers alors que c'est interdit là-bas. Du coup, je devais toujours me balader avec une deuxième paire de chaussures dans mon sac, ou me retrouver en chaussettes dans le train. Un jour, je buvais de la grappa avec un pote et mon ex, et je me suis dit que je devais rendre leur utilité première aux baskets. Le principe existe déjà depuis longtemps, mais souvent sous forme de lanières pour enserrer la chaussure et qui finissent par scier le pied. Je voulais rendre le système plus performant, confortable et esthétique, à l'aide d'ingénieurs.

Comment as-tu lancé Flaneurz ?

J'ai fait la formation "CréaJeune" avec l'ADIE, pour penser un business plan avec lequel je suis allé voir des associations d'élèves de grandes écoles qui pratiquent des prestations comme un cabinet d'études, dont l'école d'ingénierie des Arts et Métiers. J'y ai rencontré Arnaud Darut-Giard, on a conçu les premiers prototypes, et il a fini par devenir mon associé. Après beaucoup de teasing, on a lancé le 27 mai 2015 une campagne de financement participatif sur Kickstarter pour réunir 30 000 €, qu'on a récolté en seulement 8 heures, avant de frôler les 100 000 € à la fin du mois alloué.

Dès la conception du projet, tu semblais vouloir porter une ambition sociale forte pour ton entreprise.

On a délibérément choisi de s'implanter à la Courneuve, pour participer à revaloriser ce coin de banlieue tant caricaturé, et embauche surtout localement. On produit principalement en circuit-court, pour des soucis de qualité et d'environnement : le système est entièrement conçu en France et les roulements viennent principalement d'Italie. Chaque paire de rollers vendue permet de financer 1 km de randonnée offerte à une personne à mobilité réduite en fauteuil roulant poussé par un valide à rollers, grâce à notre partenariat avec l'association Mobile en Ville.

En plus du storytelling millimétré, penses-tu que ce succès était également dû à quelque chose de plus global autour de la mobilité urbaine ?

Effectivement, dans la rue, les gens se mettent à faire du vélo, de la trottinette, de l'hoverboard, du solowheel, et dans la pop culture, on aperçoit des rollers quad partout, des clips de Beyoncé et Katy Perry, au film Whip It qui a popularisé le roller derby, en passant par la mode chez Saint Laurent et Moschino. Flaneurz tombe au bon moment pour répondre à cette envie de mobilité active et urbaine, écolo, sportive et beaucoup plus stylée qu'en trottinette, soyons honnêtes. Avec Flaneurz, ce n'est pas à l'individu de s'adapter à son mode de transport, mais bien l'inverse, vu que le châssis à roulettes peut se fixer sur n'importe quelle paire de baskets ou chaussures de ville, à partir du moment où celles-ci auront été équipées de notre système mécanique. C'est vraiment "roulez comme vous êtes", avec votre propre style.

Du coup, tu n'as pas besoin de faire de sport, en dehors de ta pratique quotidienne de rollers ?

Pas besoin d'abonnement en salle de sport puisque les rollers musclent le corps dans son ensemble, en particulier les cuisses, les fessiers, et les abdos. Contrairement à la course, cela ne provoque pas de tassements des articulations, donc c'est meilleur pour le corps de patiner que de faire du running. En parallèle de Flaneurz, je fais partie d'un crew de danse depuis 4 ans, qui m'amène à me produire pour des marques ou des événements dans le monde. Le dimanche après-midi et le jeudi soir, on danse et répète beaucoup pour maîtriser des chorés, donc c'est assez sportif.

Comment organises-tu tes journées et tes trajets entre ton appartement dans le 10e et les ateliers de Flaneurz à la Courneuve ?

Je me réveille à 7h45, et vais dans la salle de bain m'occuper de ma barbe : je rase à sec pour garder une belle ligne, épile à la pince les poils trop près des yeux parfois, et tond une fois par mois. Ensuite, je saute dans la douche, où le gel Horace à la bergamote d'Italie et à la menthe poivrée m'aide clairement à me réveiller, à défaut des pains de savon classiques que j'utilisais avant par souci de praticité. Depuis que j'ai coupé les locks de mon adolescence, je n'ai plus de problème de cheveux, donc je les lave avec un shampoing basique 1 à 2 fois par semaine. Au lieu de faire pied, métro, RER, pied, je fais rollers, RER, rollers, ce qui m'économise 20 bonnes minutes, des correspondances, et me permet de prendre l'air jusqu'à la Courneuve.

Quel est ton rôle, au quotidien ?

J'y manage l'équipe, chapeaute la communication, et m'occupe de l'administratif et du financier. Si j'ai transpiré sur le trajet, ou avant un rendez-vous, j'utilise les lingettes visage d'Horace pour me rafraîchir.

Tu utilises vraiment le strict minimum de produits. Le grooming n'est pas un plaisir ?

Si, mais pas chez moi le matin où chaque seconde dans la salle de bain ou à petit-déjeuner correspond à du temps de sommeil en moins. C'est surtout en voyage que je prends soin de moi : à chaque nouvelle destination, je teste les barbiers locaux. Quand j'habitais à Bangkok, j'allais me faire masser tous les deux jours, par exemple. Les plus surprenants restent les barbiers turcs qui dégagent les poils des pommettes et des oreilles en vous frôlant ou vous tapotant avec une tige en métal enflammée, avec une dextérité hallucinante. Dans certains endroits, on peut rencontrer des barbiers qui n'ont pas l'habitude des barbes de caucasiens. Barbier, hammam, gommage du corps, j'adore ça, mais à l'étranger, car à Paris c'est beaucoup trop cher. Le seul coiffeur-barbier chez qui je vais ici est Indien car il présente le meilleur rapport qualité-prix.

Et après tes journées les plus sportives, ta routine reste la même ?

Oui, sauf en cas de douleurs articulaires ou musculaires, ou si je dois enchaîner des prestations de danse. Auquel cas, j'utilise des produits spécifiques pour récupérer plus vite, comme le Structofresh, gel action par le froid contre les douleurs musculaires et articulaires. Je m'étire avant l'effort, à froid, puis le lendemain pour prendre soin de mes muscles. Comme le grooming, le roller permet d'écouter et d'entretenir son corps, et c’est de plus en plus important en vieillissant.


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