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Vergetures : pourquoi vous avez toutes les raisons de les assumer

Texte Anthony Vincent

Elles sont naturelles, inévitables et peuvent toucher tout le monde : arborez-les fièrement.

Elles strient le corps des hommes au niveau des épaules, du dos, ou des fesses. Comme les crèmes s’avèrent peu efficaces et les traitements au laser ou par LED trop onéreux, voici deux témoignages pour relativiser et les accepter.

Quand on a voulu réaliser ce sujet vergetures et recueillir quelques témoignages, on s’est heurté à un mur : “Non, j’en ai jamais eu”, “non, je suis pas une femme enceinte, moi”, “non” et “non” répondaient les amis interrogés. Mais quand on demandait à leur copine, certaines ont vendu la mèche : “Oui, il en a quelques unes mais je crois qu’il ne réalise même pas ce que c’est.” Une ancienne collègue a même raconté qu’elle surnommait son petit-frère “Tigrou”, pendant leur adolescence, à cause des stries qu’il avait dans le dos et qui le complexaient énormément.

D’où viennent les vergetures ?

Pourtant, il n’y a rien de plus normal que les vergetures. Elles correspondent à une zone de peau dont les fibres de collagènes, responsables de son élasticité, se sont rompues à cause d’un étirement brutal de la peau. Ce déchirement au niveau du derme (sous la surface qu’est l’épiderme) peut être dû à un changement hormonal (imputable à un traitement médical) et/ou mécanique (causé par une variation brutale de poids ou de taille), sans compter les prédispositions génétiques. Si plusieurs membres de votre famille ont des vergetures, vous êtes susceptibles d’en développer, mais ce n’est pas systématique, puisque leur apparition s’avère généralement multifactorielle.

Les hommes aussi sont concernés

Suite à la puberté, leur méthode de contraception hormonale ou une grossesse par exemple, 80 à 90 % des femmes observent des vergetures. Mais contrairement aux idées reçues, 40 % des hommes possèdent aussi ces blessures de guerre. Si la gent féminine les constate principalement sur la poitrine, le ventre et les hanches, les zébrures atteignent plutôt les épaules, le dos ou encore les fesses des corps masculins. Elles peuvent être plus ou moins profondes et colorées : blanches d’emblée, ou d’abord rouges ou violacées (elles sont alors légèrement inflammées et peuvent démanger) avant de blanchir toutes seules en vieillissant.

En cas de surpoids ou de musculation...

“J’ai commencé à être en surpoids à partir de 8 ans, et voir des vergetures apparaître au niveau de ma ceinture lombaire vers 13-14 ans”, nous raconte Édouard*, médecin de 35 ans, qui a bien voulu témoigner. “Ça ne m’a pas inquiété car je savais ce que c’était, pourquoi elles s'installaient et que rien ne pourrait les faire partir. À 20 ans, je me suis mis à la musculation et j’ai vu apparaître de nouvelles stries, plus fines, au niveau de mes épaules et quelques unes aux genoux. À la salle, je vois beaucoup d’autres hommes dans le même cas, particulièrement chez les culturistes. J’en vois aussi sur ⅓ de mes patients environ, surtout lorsqu’ils sont en surpoids. Pour ma part, j’ai retrouvé un poids normal et stable depuis mes 30 ans donc je n’en développe pas de nouvelles.”

… mais aussi quand on est mince

Si Édouard* savait déjà ce dont il s’agissait, ce n’est pas le cas de tous les hommes, qui connaissent souvent mal cette manifestation physique naturelle et n’osent pas forcément en parler. C’est le cas d’Allan, 22 ans, étudiant en deuxième année de BTS management des unités commerciales : “Quand j’étais en vacances en Martinique vers 12 ans, j’ai remarqué des rayures claires sur ma peau au niveau des genoux et de mes fesses. Je ne savais pas ce que c’était, et cela m’inquiétait mais je n’osais pas en parler. À la plage, j’ai remarqué que certaines femmes en avaient mais pas les hommes donc je me demandais ce qui clochait chez moi. Comme ça me complexait, j’ai fini par en parler à mon père qui m’a redirigé vers ma mère. C’est elle qui m’a expliqué que c’était inoffensif et que le bronzage les faisait ressortir.” En fait, la peau ne bronze pas au niveau des vergetures car elle y est en déficit pigmentaire. Comme le reste du corps se colore normalement, les stries apparaissent plus flagrantes, mais elles étaient sans doute déjà là.

Les déboires d’Allan ne s’arrêtent pas là : “En grandissant, j’en ai développé de plus en plus, jusque dans le dos. Comme j’étais super mince, et que ma croissance avait été très progressive, je trouvais cela hyper injuste donc j’ai fini par en parler à ma dermato vers 18 ans. C’était assez gênant de lui montrer mes fesses, mais elle m’a confirmé que c’était tout à fait normal, que j’avais une peau fragilisée à cause des traitements à la cortisone contre mon eczéma, et que je ne pouvais rien y faire si ce n’est les accepter. Elle m’a aussi expliqué que plein de mecs en avaient mais ne s’en rendaient même pas compte car elles ne se voient pas toujours, surtout si on est poilu.”

Que valent les crèmes anti-vergetures ?

“Face à mon insistance, elle m’a quand même prescrit une crème à base de vitamine A en me précisant qu’elle était très irritante et qu’elle n’améliorerait que légèrement l’aspect de mes vergetures”, ajoute Allan. “Je m’en suis tartiné pendant un mois avant de laisser tomber car elle aggravait la situation en causant des plaques d’urticaires.” Pour les peaux moins sensibles, les crèmes à base de vitamine A sur ordonnance peuvent en effet stimuler la réparation de la peau et permettre d’atténuer les vergetures déjà présentes.

Ce qui n’est pas le cas des autres onguents “anti-vergetures” vendus dans le commerce : ils visent généralement à booster la production de collagène, donc à prévenir la formation des stries, et non à faire disparaître celles déjà présentes. “J’avoue avoir quand même essayé deux ou trois crèmes anti-vergetures pour femmes enceintes, sans succès”, confesse Allan. De son côté, Édouard* s’en doutait déjà : “Les crèmes et huiles anti-vergetures vendues dans le commerce, c’est du pipeau ! Si une crème miracle existait, ça se saurait. À part s’hydrater le corps tous les jours, on ne peut pas vraiment les prévenir.”

Le cas de la médecine esthétique

Existe également l’option de la médecine esthétique, qui a un temps tenté Allan : “J’ai vu qu’on pouvait suivre un traitement au laser, mais ça reste déconseillé pour ma peau noire, et surtout ça coûte une fortune. Du coup, j’essaye d’apprendre à vivre avec le surnom de ‘petit zèbre’ que m’a donné ma copine sadique”, plaisante-t-il. Le laser (light amplification by stimulated emission of radiations) va, en fonction des vergetures, chercher à repigmenter la peau ou la lisser, pour améliorer leur aspect mais ne peut pas totalement les faire disparaître. Cela exige généralement plusieurs séances (3 à 5), coûtant chacune entre 150 et 300 euros.

Adaptée aux peaux noires, la photomodulation par LED (Light Emitting Diode) a également fait ses preuves. Beaucoup plus douce, elle permet de stimuler la production des fibres élastiques de la peau pour atténuer les vergetures. Là encore, comptez 3 à 5 séances, autour de 100 euros chacune, pour des résultats satisfaisants. À noter que le laser et la photomodulation par LED fonctionnent beaucoup mieux sur des vergetures récentes.

Les vergetures, un tabou masculin ?

Mais à quoi bon dépenser plusieurs centaines d’euros quand on peut tout simplement assumer ce phénomène naturel, qui peut arriver à tout le monde, n’a rien de honteux et ne se voit finalement que très peu ? “Souvent quand je demande à mes potes s’ils en ont, ils me répondent d’abord non, limite comme s’ils savaient à peine de quoi je parlais. Mais quand je leur dis que j’en ai moi-même, les langues se délient et ils se souviennent d’un coup qu’ils en ont quelques unes qui traînent”, observe Allan, qui commence à ne plus être complexé. Pour Édouard*, cela n’a jamais été un problème : “Aujourd’hui, je peux même dire que j’aime bien mes vergetures car elles font partie de mon histoire, comme des souvenirs inscrits à même mon corps. Mais je ne suis pas en train de les compter pour autant, je serai incapable de dire si j’en ai une de plus ou de moins qu’avant. Cela ne doit pas être une hantise, tout le monde peut en avoir ou en a déjà, et elles n’ont aucun impact sur la vie. Même si on est mannequin, ça se photoshoppe facilement ! Quand j’ai vu des vergetures sur les fesses de François Sagat (acteur porno, ndlr), ça m’a vraiment confirmé qu’on est tous égaux face à elles !”

Vous l’aurez compris, beaucoup plus d’hommes qu’on ne le croit ont des vergetures. Plutôt qu’un complexe, à vous de les arborer fièrement comme le journal de bord de votre peau.

* le prénom a été modifié

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