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Comment courir un marathon, par trois finishers

Texte Matthieu Rohm
Photos Droits réservés

On a posé la question à trois mecs qui l'ont fait.

Le marathon, comme le 100m dans un tout autre genre, est l'épreuve reine de l’athlétisme. Elle fascine, attire, et ce, malgré l’immense difficulté de la pratique. Peut-être vous êtes-vous déjà demandé comment, vous aussi, obtenir le prisé t-shirt “Finisher”, réservé à ceux ayant bouclé la course. Nous sommes allés poser la question à trois marathoniens. Trois garçons au profil sportif bien différents et qui se sont tous fixés comme objectif de parcourir ces 42,195km.

Un peu d'histoire

Avant tout, petits rappels utiles pour ceux qui l’ignorent ou l’auraient oublié : le marathon est une course de fond d’une distance de 42,195km, dont le record actuel est détenu par le kényan Denis Kimeto en 2 heures 2 minutes et 57 secondes. Récemment, l'équipementier américain le plus célèbre au monde a déployé tous les moyens possible afin de faire tomber le record du monde et surtout de passer en dessous de la barre symbolique des 2 heures sur le circuit de F1 de Monza en Italie.

La légende raconte que cette distance fait référence au chemin parcouru par le messager grec Philippidès, entre Marathon et Athènes afin d’annoncer la victoire des Grecs face aux Perses, en 490 avant J-C. Celui-ci serait mort d’épuisement juste après son annonce. Sans doute un défaut de préparation.

La distance actuelle, trop précise, date elle des jeux modernes de Londres en 1908. La distance initiale est fixée à 26 miles, soit 41,843km. Afin que les enfants de la famille royale puisse en profiter pleinement, les coureurs prennent le départ depuis la pelouse du Château de Windsor. Ce qui n’était initialement pas prévu est l’arrivée au White City Stadium devant sa majesté Edouard VII qui rallongera la course de 352 mètres. La distance finale sera donc dorénavant de 26 miles et 385 yards, soit 42,195 km : le compte est bon.

L'athlète éprouvé : Lionel Jagorel

Lionel Jagorel, dit “Fracture”, est un coureur chevronné de demi-fond et co-fondateur du blog Jolie Foulée. Il y a maintenant quelques années, Lionel a semé la panique sur les tartans de la région lyonnaise, dans les disciplines les plus éprouvantes de l’athlétisme : le 800 et 1500m. Coureur plutôt rapide donc, Lionel estimait que les courses longues d’endurance n'étaient pas pour lui : “pour moi, le marathon, c’était un truc de vieux”.

Grâce, ou à cause, de son blog qui commence à trouver son public dans le milieu de la course à pied, une marque de montre GPS invite les fondateurs à participer au marathon d’Amsterdam. L’occasion est trop belle pour ne pas en profiter, estiment les deux compères.

Entre temps, Lionel avait déjà commencé à rallonger les distances : des 10km, un effort qu'il apprécie, et des courses sur route comme le semi de Paris ou la mythique Marseille-Cassis. Il décide alors de se lancer corps et âme dans une préparation drastique, objectif 3 heures. A une heure du record diront les mauvaises langues. Les sportifs plus aguerris ne pourront que saluer un tel chrono.

Son coach de toujours, surnommé Gros Minet, lui soumets un plan d’entraînement idoine, en se basant sur son allure au 10 kilomètres. Au programme, alternance de séances de fractionnés, de sorties à jeun dès potron-minet et de courses longues de 2 à 3 heures. Cette préparation s'avère difficile pour Lionel, qui doit s'alimenter sainement, restreindre la fête et réduire drastiquement sa consommation d'alcool. A cela s'ajouteront deux alertes musculaires au mollet puis à la cuisse.

Malgré toutes ces embûches, Lionel se présente le 18 octobre 2015 dans le sas de départ. La cuisse est toujours douloureuse mais l’ambiance au départ est euphorique. Galvanisé, les 12 premiers kilomètres se déroulent sans accroc. Au 21ème kilomètre, après 1h28 de course, sa cuisse l’oblige à s'arrêter une première fois. Il s’étire et repart avec le peloton des 3h qui l’a rattrapé. Malheureusement, pour son premier marathon, Lionel ne passera pas les 23 kilomètres.

Seconde tentative, à Valence en Espagne. La préparation a été adaptée et les sensations sont là. Une envie pressante l’oblige à s’arrêter juste avant le fameux mur des 30. Comme pour Amsterdam, il repart avec le groupe des 3h mais ce mur s'avérera plus coriace que prévu et Lionel devra terminer le marathon en alternant marche et course. En 3h22. Sa troisième et dernière tentative à Boston, est documentée ici.

“En vrai, je ne sais pas courir un marathon”, conclut-il. Nous serons à Paris le 8 avril prochain pour vérifier s’il dit vrai.

L'amateur averti : Anthony Maison

Anthony Maison est l'instigateur de la plateforme Home Run Collective et l’un des membres fondateurs du MRCParis, association dont la vocation principale est de se réunir entre amis, une à deux fois par semaines pour une dizaine de kilomètres à travers Paris, puis de se retrouver autour d’une pression après l'effort.

Anthony est donc un coureur régulier de distances moyennes. Après 3 ans de MRCParis, plusieurs 10 kilomètres et quelques semi, ses performances se sont sensiblement améliorées. Il décide donc en 2016 de s’inscrire au marathon de Copenhague de l’année suivante.

Cette course est réputée accessible et roulante, et le cadre dépaysant. Le but ? Lier le défi au plaisir. Il prévoit alors une préparation de 3 mois et demi et débute par 4 séances par semaine. Car cela devient vite trop contraignant, il décide de revoir son plan d'entraînement pour se fixer alors 3 sorties hebdomadaires. Il commence la semaine par un run d'une petite heure à un bon rythme avec son club. Le jeudi, place à la séance de fractionné sur piste, où il enchaîne les accélérations et récupérations au rythme de 30 secondes chacune. Puis le weekend, c'est la sortie longue : entre 20 et 30 kilomètres, à l'allure de croisière. En revanche, il ne s'astreint pas de régime alimentaire particulier mais perdra naturellement quelques kilos. Il stoppera toutefois complètement l'alcool un mois avant sa course.

C’est plutôt serein qu’Anthony se retrouve sur la ligne de départ à Copenhague. Comme la plupart des participants, l’excitation se fait ressentir. La course se passe sans encombres et Anthony mettra 3h56 pour rallier la ligne d’arrivée, 4 minutes en dessous de son objectif. Avec même la petite frustration de finir la course en "en ayant encore sous le pied", nous avouera-t-il. Rendez-vous pris à Paris également, pour un nouveau record personnel.

Le touriste opiniâtre : Baptiste Peytre

Baptiste Peytre, quant à lui n’a ni blog ni club, et n’est pas un coureur régulier. C’est un garçon qui aime simplement les défis. Et pas des moindres. Le premier a été de s’attaquer, sur un coup de tête, à la mythique Saintélyon. 72km entre Saint-Etienne et Lyon, par les collines qui séparent les deux villes. Le départ est donné chaque année tout début décembre, à minuit. Sa seule préparation sera deux sorties longues avec des collègues, deux mois avant la course. Il bouclera cet effort en 13 heures.

Baptiste n'est pas un coureur aguerri mais c'est tout de même un sportif endurci, qui depuis son enfance n'a jamais cessé de s'entraîner, que ce soit avec une balle jaune ou ovale.

Un an et demi après cette partie de plaisir, Baptiste décide de récidiver. Avec un ami à lui, ils vont s'attaquer au marathon de Paris. Toujours sur le même principe : pas d'entrainement ou presque. Cela ressemble alors à un parcours de santé comparé au précédent défi.

Hormis quelques sorties courtes de temps à autre, son seul entraînement sera le semi marathon de Paris, un mois avant l'échéance. Pour ne pas souffrir d'une trop grosse pression, Baptiste décide de partir se détendre à Cuba. Au programme, cigares locaux et Cuba Libre, deux semaines avant sa course. Drastique, comme préparation.

Après avoir regagné la capitale française, la veille à 17:00, Baptiste prendra le départ de sa course le dimanche 8 avril à 9:00. L'effort sera bouclé en duo en 4h39. Un objectif de moins sur sa liste.

Et vous ?

Ces 3 jeunes hommes ont donc été avant tout motivé par le challenge lui-même, la satisfaction et le prestige de franchir la ligne d'arrivée d'un marathon. Chacun avec ses motivations, son objectif et sa préparation.

Vous aussi, vous êtes tenté? De nos échanges avec ces trois coureurs aux profils bien différents, nous en avons tiré la chose suivante : l'essentiel est de se fixer un temps raisonnable et de connaître ses limites. Car oui, il y a de fortes chances pour que la barre des 2 heures ne soit pas pour vous.

Il est important également dans cette perspective de réussite, de se contraindre à récupérer son dossard le plus tôt possible. Un excellent moyen d'être acculé et de s'entraîner comme il se doit.

Une chose est sûre : votre réussite dépendra en grande partie de votre détermination et votre mental. Ne vous lancez pas dans cette entreprise si vous n'êtes qu'à moitié sûr de vouloir franchir la ligne d'arrivée. Sous peine de risquer le même sort que Philippidès, ou tout simplement de ne jamais finir. Bon courage.

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