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Faut-il se mêler des dreadlocks ?

Texte Vadim Poulet
Photos Jason Laveris

Réponse tranchée à un problème clivant.

Justin Bieber vient, par un geste fort, de revendiquer sa place dans une longue lignée de pop stars qui se distinguent par la surenchère capillaire. De David Beckham à Paul Pogba en passant par Zayn Malik, les excentricités grooming vont parfois trop loin. Dans le cas du chanteur canadien, venant d’apparaître avec de courtes dreadlocks blondes, la démarche interpelle. Où se termine l’art de la coiffure, et où commence la faute de goût ? En d’autres termes, est-il bien raisonnable de vous faire des dreads, comme Justin ?

Un peu d’histoire

Il faut avant tout souligner que les dreadlocks ont été, au long de l’humanité, un choix particulièrement distingué. Elles étaient en effet réservées aux membres de la famille royale et aux députés égyptiens, une adoption dont on trouve la trace sur des bas-reliefs ou des statuaires notamment - ainsi que sur des restes momifiés et des perruques, mais cela est moins aisé à exposer. Au Mexique, selon le témoignage de William Hickling Prescott, historien américain, cette coiffure était réservée aux prêtres aztèques. Les traces les plus anciennes de dreadlocks remontent même aux Ecritures saintes du védisme, soit au minimum 1500 ans avant JC, soit à peu près 3500 ans avant UC (Undercut). Avant que l’on puisse être moqué pour ses dreadlocks, ce choix était donc celui de ceux qui savaient.

Cette coupe de cheveux était donc à l’origine compatible avec l’exercice d’une situation professionnelle enviable, ainsi qu’un choix noble, ce que l’on retrouve aujourd’hui sur les podiums des défilés de Chanel à Moschino. Cela étant dit, on peut sans vexer personne affirmer que l’éloignement des préceptes religieux provoqué par la popularité de Bob Marley auprès des adolescents blancs a nuit à la distinction de ce choix, comme l’a encore prouvé, si besoin était, Justin Bieber. D’ailleurs, le problème principal de la coupe de Justin ne réside pas dans des questions d’appropriation culturelle : sa démarche est aussi superficielle que ses précédentes décisions en matière de look. Ici, aucune filiation avec Haïlé Sélassiéé ou Bob Marley : comme le dit bien Bieber lui-même, ce sont “juste ses cheveux”. La motivation est donc simplement “pop”, esthétique. C’est alors dans le manque d’élégance de ce choix que le bât blesse : faut-il vraiment faire le choix d’une coupe aussi difficile à porter ?

L’antigrooming

Les dreadlocks sont en effet résolument anti-grooming, se formant naturellement lorsque les cheveux poussent librement, sans intervention, après avoir dit adieu à son fidèle coiffeur.

La formation des dreads nécessite donc de suivre des préceptes que l’on n’oserait pas recommander ici : abandonner votre coupe mensuelle, jeter votre peigne, vider vos shampoings, et laisser votre cuir chevelu en jachère.

Les dreadlocks prendront un long moment à se former, résultant en un look hirsute qui offrira à votre entourage moult motifs de plaisanteries, et ce que l’on appelle généralement un résultat « naturel » - que l’on pourrait aisément qualifier de « sale », au premier regard. Notez d’ailleurs que glisser des bagues Love de Cartier dans vos cheveux, comme Jaden Smith, ne le fera pas oublier.

Un entretien herculéen

Enfin, une fois formée, la coupe nécessite un entretien quotidien qui contraste fortement avec le laisser-faire et le laisser-aller de leur création. Ainsi, vous devrez les crêper chaque matin vingt à trente minutes, en faisant des cercles avec votre main, afin de les emmêler - le tout dans le but de continuer vos locks. Une procédure qui, en plus de faire ressortir des mèches rebelles peut surtout fragiliser et casser les cheveux s’ils sont en mauvaise santé.

Il faudra en outre utiliser beaucoup de pommade coiffante et hydrater votre cuir chevelu - qui ne respirera que trop peu. Pour cela, certains adeptes des dreadlocks choisissent d’appliquer sur leurs cheveux de l’avocat. Drôle d’idée. Vous n’êtes pas une chips.

Enfin, vos cheveux seront plus sensibles aux problèmes de pellicules, sans même évoquer les problèmes d’insectes pour lesquels le grooming n’offre aujourd’hui pas de solution. Et lorsque vous les laverez, une fois tous les dix jours si vous suivez l’exemple de l’élégant Nile Rodgers, comptez deux à trois heures de séchage... Avez-vous vraiment tant de temps à perdre ?

Il semble bon de se rappeler du plus célèbre porteur de dreads de l’histoire biblique, Samson, propriétaire de sept locks dans lesquelles résidait toute sa force, qu’il perdit tragiquement lorsque ses cheveux furent coupés. Comme lui, vous n’aurez probablement d’autre choix que de vous raser la tête après en avoir fini avec vos dreads. Contrairement à lui, vous pourrez alors vous faire plaisir en prenant soin de vos cheveux avec les produits que vous trouverez ci-dessous, que les dreadlocks vous interdisaient jusque-là.

Évitez donc d’infliger cette coiffure à vos cheveux.

Si vous cherchez vraiment une excentricité, optez plutôt pour une Pokeball, à la manière de Paul Pogba. Elle n'offensera personne.

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