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Qui a dit à Emmanuel Macron qu’il avait l’air trop jeune ?

Texte Vadim Poulet
Photos AFP

Le ministre de l'Économie marque ce début d'année 2016 par sa pilosité.

C’est une astuce bien connue de ceux qui entrent dans le monde du travail – sauf dans la banque, où le rasage de près est de rigueur : la barbe de trois jours, suffisamment soignée pour ne pas faire négligé, est un atout maître pour la crédibilité des débutants. Elle se révèle donc, par la même occasion, être un avantage pour leur portefeuille. La barbe habille, vieillit, donne une prestance que des joues imberbes, rappelant douloureusement la proximité de l’obtention d’un diplôme, ne peuvent conférer.

Apparemment, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, l’a bien compris. En se présentant au petit-déjeuner du Ministre de l’Intérieur de rentrée, ce lundi quatre décembre, avec une barbe de trois jours parfaite (dont même Tom Ford se dirait jaloux), le jeune ministre a excité la planète grooming et ainsi donné son avis sur une question cruciale : celle du poil lors des fêtes de fin d’année. Cela étant dit, l’artifice est apparent : la délimitation de cette nouvelle barbe, juste sous le menton, laisse le cou imberbe, et une démarcation plus basse, juste avant la glotte, aurait été bien plus élégante et eut paru beaucoup plus naturelle.

Un coup de rasoir en moins pour un coup de communication en plus, c’est l’arbitrage facile qu’a probablement fait Emmanuel Macron – avec en plus, l’avantage, non négligeable, de s’approprier un symbole capillaire de gauche, avant, peut-être, de laisser pousser ses cheveux.

En termes de pilosité, le ministre se place donc entre plusieurs éminences d’obédiences socialistes : très loin de Marx et Engels, qui vont de pair en sciences politiques comme en matière de barbe fournie, pas non plus franchement assumé à la Robert Hue, mais plus soigné qu’un Mélenchon au retour de vacances, et moins coincé que Manuel Valls.

Une galerie de portraits qui nous permet de formuler le théorème suivant, inspiré de Freud, qui a en plus le mérite de résoudre enfin l’épineuse question de la place d’Emmanuel Macron sur l’échiquier politique : plus la barbe est longue, plus les idées sont de gauche. Macron est donc bien socialiste, mais pas encore un fidèle castriste.

Le look, au demeurant, est une réussite - bien plus que la barbe négligée de son prédécesseur, Pierre Moscovici. Reste à voir si cette audace passera l’hiver.

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